28.6.11

Couleur orange


Libre - Libre - Libre - Libre

Il naquit dans le caniveau
Quand les hommes dans le chaos
Dansaient pour oublier leur mère
Dansaient pour oublier leur terre
Oublier leur pays
Ils dansaient comme un rituel
Comme on se bat en duel

Les femmes les séparèrent 
Et dans leurs cuisses ouvertes
Burent toute la violence 
Apaisèrent la souffrance
Danse de brutes et danse de rut
Les femmes devenaient son but

De ruisseaux en trottoirs il atteint les salons
Saisissant par les couilles la crème du beau monde
Paupières fardées, verni aux mocassins
S’échappa des bas-fonds aux joueurs de surin

Quoi de meilleur dès lors que de jouer les milords ?
Aller voir du pays, se trouver des racines,
Une généalogie 
Le Vieux Monde l’accueillit, lui donna sa caution
Il revint en héros, emblème d’une Nation.

Si aujourd’hui vous allez avenida de Mayo, au café Tortoni
Goûter un chocolat parmi les boiseries
Vous y verrez aux murs les images anciennes
De ceux qui de leurs tripes ont forgé la légende
Aujourd’hui vénérés comme dans un musée
Regardant de leur cadre les serveurs compassés
Les clients qui les filment venus du monde entier
Ils sont loin des bordels qui leur ont inspiré
Leurs vers criant de peine, d’amour désespéré

Lui fait mieux qu’y survivre, il croît et embellit
Il a des instituts, même une académie
Mais n’allez pas trop soulever les tapis
Vous y découvririez les miasmes des tripots
Du sang, du sperme et des sanglots
Tango !



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