9.10.11

Chocolat 2


Atelier du 4 octobre 2011

CHOCOLAT

Visualisation d’un cacaoyer…

Plus profond. Vers l’ouest. C’est ça. L’appel vient de là-bas. De l’eau, des traces d’humidité. Il faut lancer une expédition. Creuser, fouiller, avancer, créer une ramification. L’humidité appelle. Les gouttes veulent remonter. Vers la lumière, vers là-haut. Moi, je suis là pour ça. Aider tous ces éléments à se transformer à changer de vie et moi, j’ai besoin d’eux pour grandir et me reproduire. Le marché est honnête. L’eau et les minéraux m’appellent et je vais vers eux. Je suis comme un ascenseur. Ils se servent de moi et je me sers d’eux pour créer plus de moi.
Le temps compte très peu et moi je peux bouger, enfin, aller vers eux. Ils m’attendent ils comptent sur moi. C’est ma mission. D’ici, sous la terre, je les fais sortir de l’ombre afin que d’autres nous absorbent et nous emportent ailleurs, plus vite, plus loin, plus haut. C’est le cycle. jusqu’à ce que chaque élément primordial revienne à la terre. Jusqu’à la prochaine expérience, le nouveau cycle, la nouvelle transformation.
Prenez-en de la graine.

Trois carrés de chocolat, au lait, noir, blanc, trois personnages…

La bon …
Il est aimé par la majorité. Onctueux, fondant. Les petits l’adorent. Sa couleur marron clair lui donne bonne mine, comme le soleil lorsqu’on rentre de vacances. Qui pourrait se méfier de lui ? de sa douceur ? Il veut être votre ami et vous devenez inséparables. il prend la maîtrise de votre volonté. Vous croyez l’avaler mais c’est lui qui vous possède.

… la brute …
Son amertume, sa noirceur vous repoussent et un jour, par bravade, vous décidez de vous mesurer à lui. Sa violence vous assaille, vous emporte et cette expérience parfois extrême laisse en vous une trace indélébile. C’est plus fort que vous, il vous faut recommencer. Il a gagné, vous ne pouvez plus vous passer de lui, il vous maîtrise et vous êtes prêt à toutes les bassesses pour y goûter une fois encore. Une dernière fois. Puis une autre…

… le truand
Rien dans sons aspect blafard n’inspire le désir. C’est un usurpateur, il a acheté son nom. La création maléfique d’un esprit torturé qui, rongé par l’envie, a tenté de créer cet ersatz insipide. Voire… N’y touchez pas, vous vous feriez avoir. Vous avez tout à y perdre et lui tout à y gagner. Peu à peu, il vous paraît sympa, puis attirant. Méfiez-vous…

CHOCOLAT 1

Sur le sol, une tartine. Le Nutella commence son histoire d’amour avec les boucles de la moquette blanche. C’est bien connu, la moquette aime tellement le chocolat que jamais elle n’accepte de le laisser complètement partir. La maîtresse de maison le sait bien ; elle lève les yeux aux ciel.

CHOCOLAT 2 - Vingt heures sonnées

Sur le sol
Sur le dos
Je me suis allongé
Tu joues ta symphonie
Sur mes papilles pâmées
Vingt heures bien sonnées
Dans ce décor anglais
Je t’ai déshabillée
Toi, mon amante noire
Telle une ostie sacrée
Je t’ai délicatement déposée
Sur ma langue profane
Puis contre mon palais
Ta peau fine a cédé
Virginal hymen
Qui protégeait le flot
Des saveurs impétueuses
Désormais libérées
Ma bouche s’embrase
Tout mon corps frémit
Un frisson capital
Court sur ma nuque ravie
Je savoure longtemps
Cet hold-up de mes sens
Mais inexorablement
Le plaisir consumé
Me laisse un goût amer
Un manque intolérable
J’en rêve, j’en re-veux
Je n’aurai pas la force
Il m’en faut encore
Attendre
Le plus longtemps possible
Repousser l’inévitable
Lutter, ne pas céder
Puis comme un possédé
Avec volupté
Assouvir enfin le désir
Me laisser emporter
Comme par une prière
L’hymne d’un Chérubin
À la voix de miel
Vers le ciel.

Alfred
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