22.10.11

Détail 5


LE DETAIL


1)    en employant « il » ou « elle », décrire le détail choisi comme un très vieux souvenir

Elle se fait très discrète, de l’entrée on ne la voit pas et même en passant à coté, elle peut passer inaperçue. Il faut vraiment que l’œil y porte son attention. Discrète, mais tout de même très présente, car je me suis  immédiatement sentie rajeunie de 50 ans  après qu’elle ait accroché mon regard.. Dans le jardin de ma grand-mère il y avait un rosier dissimulé au milieu de grandes herbes, il fallait savoir qu’il était là..Moi, je l’ai découvert en tombant dessus : des épines plein les mains, les bras, des épines accrochées à ma robe, des épines méchantes qui me brulaient. Et pourtant, je me souviens d’être restée tétanisée non par les piqures mais par l’odeur de ces fleurs vieux- rose, à peine écloses ou complètement épanouies.

2)    emploi du « je » pour entrer dans le détail

Je me cache au milieu du laurier rose, je me protège avec mes épines, je dois être un peu trouillarde en fait. « Pour vivre heureux, vivons caché » disait l’Autre, alors moi, c’est ce que je fait. Vivre cachée mais attention ! pas pour tous. Selon mes humeurs et selon le temps, je peux envoyer un parfum sublime et espérer être repérée. Cachée mais pas solitaire, faut pas croire que je sois un ermite. C’est pas mon truc la solitude ! J’aime bien avoir des copines autour de moi, on joue à « la plus belle », « la plus parfumée », « la plus épanouie », « la plus attirante ». A ce jeu faut faire gaffe quand même car tu risques d’être vraiment remarquée et la Miss Rose du jardin finit la queue dans un vase. Ça s’est déjà vu… Alors moi, je préfère me tenir planquée derrière le laurier rose.

3)    Instant poétique

Je suis souple
Tu es raide
Je suis colorée
Tu es blanc et noir
Je vis à l’air libre
Tu vis fixé au plafond
Je peux me balancer
Tu ne bouges jamais de place
Je ne t’envie pas du tout
Tu as l’air sale, triste et bête
Tu n’exhales que de mauvaise odeurs et de la poussière
Tu es mon opposé
Mais c’est pour ça que je t’aime !


4)  Curaçao !

C’est trop beau, je veux vivre là, ne plus bouger. Je peux me noyer dans tout ce bleu :  sans nuage , le ciel irradie de simplicité, avec ses énormes vagues l’océan impose sa force. Du bleu partout, dans toutes ses nuances : du bleu azur, bleu gris, bleu vert, bleu noir. Je sens le bleu,  je respire du bleu, je goûte le bleu. C’est bon, comme un bleu (de Bresse) ; Cette sensation d’être immergée dans l’immensité me comble de satisfaction et de paix. Je ne remarque aucun détail en particulier alors que tout est détail et chacun, même le plus insignifiant a son importance. Le bleu argenté qui file là-bas dans le bleu outre-mer est  vivant, il respire. Le bleu ardoise côtoie le bleu lilas pour offrir de l’ombre au bleu métallisé. Trop beau !! Le petit bleu pastel qui s’envole ne peut s’empêcher de chanter. C’est  rassurant de connaître un tel endroit, de pouvoir y retourner chaque fois que l’envie  me prend. Un endroit magique où je peux ressentir le bleu de la béatitude, où chaque détail se dilue dans la totalité.

Marie-Andrée
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