9.1.12

Maison, roman express

Seul, notre vaillant Alfred a courageusement tapé son texte, bravo à lui, ah la la aux autres !

Atelier du 13/12/11 :
MAISON :  Roman-express
1/ Carnet de notes au sujet d’une maison


Maison en bois – Une roulotte devant, dételée. La porte en bois épais présente des ferrures formant volutes. La porte est verte, du même vert que la roulotte. Deux cheminées sur le toit à double pente – Un faîtage comme une raie au milieu et les cheminées en vis-à-vis – À mi-pente d’une prairie entourée de bois de feuillus – La maison est au bout d’un chemin bordé d’une haie vive de chaque côté ; - Quatre fenêtre s’ouvrent sur la façade, elles sont ornées de rideaux à carreaux vichy -  des bacs de géraniums éclatants sont posés sur les rebords. Les fleurs de l’étage tombent en avalanche rouge vif. Les volets sont ouverts, les huisseries sont peintes en blanc la façade est presque brune, couleur bois sombre. À l’angle, un chien attaché par une chaîne somnole dans sa niche au toit du même vert que la porte et la roulotte. En retrait de la maison, une grange en bois et un enclos où paissent deux chevaux alezans à la robe brillante. La printemps est bien installé et l’herbe abondante.

2/ Chapitre 3 du roman : un personnage secondaire et cette maison entrent dans le roman. Le personnage se dirige vers la maison mais il n’y entre pas.

La vieille 4L jaune brinquebalait sur le chemin cahoteux, évitant prudemment les flaques traîtresses qui pouvaient masquer des nids de poules capables d’engloutir un cycliste et son vélo. Le facteur jurait comme un charretier illettré contre le mauvais sort qui l’avait obligé à abandonner sa belotte pour venir délivrer un télégramme à la famille de moitié gitans qui avaient acheté la ferme des Capellans. Il était d’autant plus furieux qu’il n’avait rien compris au texte du message, vu qu’il était rédigé dans une langue aussi étrange qu’étrangère. Il n’aurait pas grand chose à rapporter en matière de potins.
Curieusement, la dernière partie du chemin était beaucoup plus damée et il parvint plus confortablement à destination. À son arrivée, un gros chien gris jaillit de sa niche et se mit à aboyer furieusement, tirant sur sa chaîne au point que le préposé jugea plus prudent de rester dans sa voiture.
Au bout d’une ou deux minutes d’aboiements, ne voyant aucun mouvement dans la maison, il décida de klaxonner pour signaler sa présence. Constatant que la longueur de la chaîne du chien le permettait, il ouvrit sa portière, intrigué par la présence d’une roulotte à la porte entrebâillée. La curiosité le rongeait et il s’y dirigea afin d’en inspecter l’intérieur. Surveillant la maison, il approcha, prêt à vérifier si la carriole ne recelait pas quelque matière à commérage.

3/ Chapitre 9 : Dans la maison. Le même personnage est dans une situation particulière…

Le regard affolé du facteur passait de l’un à l’autre des deux hommes silencieux qui barraient la sortie et l’observaient sans un mot. Leurs yeux noirs, leurs visages fermés, leurs vêtements sombres, la barbe drue qui mangeait leurs mâchoires carrées, tout en eux portait sur les fragiles sphincters du préposé. Il dansait sur sa chaise, se trémoussait de frousse depuis que les autres s’étaient retirés pour délibérer et décider de son sort. Comme il regrettait à présent d’avoir joué les curieux !
La femme qui semblait commander à toute la tribu avait été insensible à ses arguments ainsi qu’aux pauvres excuses qu’il avait bredouillées lorsqu’il avait enfin compris qu’il s’était fourvoyé dans un pétrin aux allures de benne à ordures. 
Il avait perdu la notion du temps, obnubilé par les grands couteaux négligemment passés dans leur ceinture en flanelle qu’arboraient ses gardiens avec un naturel qui ne laissait aucun doute quant à leur habileté à les manier. Par une fenêtre, il voyait les enfants démonter sa 4L de service, en éviscérant les sièges et toutes les garnitures, démontant la mécanique et lacérant les pneumatiques.
Cette ferme serait sa tombe, le facteur en était certain…

4/ Chapitre 29 (avant dernier) : Un hommage est rendu à la maison.

Une foule nombreuse convergeait vers la ferme des Capellans. Déjà, des commerçants opportunistes avaient installé leurs stands : sandwiches, boissons, plaques commémoratives, cartes postales et même boules à neige recouvrant une ferme miniature flanquée d’une roulotte. Rien ne manquait pour accueillir les badauds.
La presse et même la radio étaient là pour couvrir l’événement. La ferme des Capellans, haut lieu de la petite et de la grande Histoire, ouvrait ses portes au public. Un grand chien gris empaillé, des couteaux effilés, témoins des corps à corps héroïques et sanglants, le coffre où étaient scellés l’or et les documents, rien ne manquait de ce qui avait construit la légende de la désormais célèbre ferme. Enfin, sur la table de la salle à manger, sous une cloche de verre, trônait la casquette du facteur. 
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