17.2.12

Miracle à la débroussailleuse


Atelier du 7 février


  1. Une femme démarre une débroussailleuse
  2. Intervention animale
  3. La réaction de la femme comporte deux actes précis
  4. Transformation animale
  5. La réponse suit la question
  6. Quand le temps s’en mêle 
  7. Passé présent, le doute subsiste

Chapitre 1
Devant la débroussailleuse, Jocelyne, les mains calées sur ses hanches, hésitait entre la drague et l’insulte. Billy the dog, habitué à une maîtresse spécialiste de la posture de l’arbre, tenait tout aussi fermement sa position couchée, la tête posée sur sur ses pattes avant. Soudain décidée à trouver un allié, elle appela Billy the cabot docile qui s’étira longuement avant d’avancer mollement vers elle. Reconnaissante, elle lui flatta l’encolure. Tous deux ragaillardis, il se tournèrent à nouveau vers la débrouissailleuse. Billy the dog, ennemi intime de tous les appareils électriques se mit à grogner. “Trop fort Billy”, s’écria Jocelyne saisit d’un eurêka, “Vas-y attaque”. Le chien, trop heureux de recevoir l’ordre tant  attendu, se jeta surexcité sur l’engin. “Vive les ronces”, gueula Jocelyne prête à aider Billy par quelques coups de pieds bien placés. Comme un bonheur arrive souvent accompagné, un orage vint pointer ses éclairs sur la vieille ferraille. “Merci, merci”, invoqua Jocelyne en courant vers la maison, suivie par un Billy heureux. 
Le nez collé à la vitre, Jocelyne tentait d’apercevoir l’œuvre de la foudre mais sa vue était brouillée par une pluie battante. Hervé serait bientôt de retour, viendrait alors le temps des contes et des légendes. Elle avait confiance en son sens de l’improvisation.
  1. Un homme écrit
  2. Entre quelque chose de vivant dans le lieu où écrit l’homme
  3. L’homme a une réaction absurde, incongrue
  4. Une question est posée
  5. Le monologue intérieur de l’homme le mène à un souvenir
  6. Le souvenir, par un acte magique, chasse le vivant et s’enferme dans la tête de l’homme
  7. Nommez, citez la chanson que l’homme se met à chanter pour conclure ce chapitre

Chapitre 2

Jocelyne aperçut la silhouette d’Hervé s’arrêter un instant devant la dépouille puis il se mit à marcher vivement vers la maison, entra et partit sans un regard s’installer à son bureau. Il saisit une feuille et se lança dans une écriture qu’elle jugea automatique, aïe ! Les mouches, agacées par l’orage, vrombissaient autour de son visage sans qu’il ne réagisse. Tout ça n’était pas de bonne augure. Hervé posa son stylo, secoua la tête et murmura en direction des mouches : “ Alors belles chieuses, vous avez détruit ma débroussailleuse, avouez, c’est vous.” “Ça va chéri ?”, gazouilla Jocelyne prise entre inquiétude et espièglerie. Hervé ne répondit pas, il était loin, loin d’elle, loin de cette maison. Il avait 15 ans, son père l’avait puni, il avait ordonné “Prend la débroussailleuse et va nettoyer les bords de la mare.” Il se souvenait des mouches qu’il chassait en lançant la débroussailleuse dans les airs. Il se souvenait du moment précis où il décida de lâcher la débroussailleuse en direction de la mare. Il se souvenait de tous ses mensonges lancés pour éteindre la fureur de son père. Il se souvenait muet devant Jocelyne recroquevillée sur le canapé. Doucement monta en lui quelques gouttes de joie venus du fond de la bouteille et là, il se mit à chanter : “Ah ça ira, ça ira, la débroussailleuse, elle nous aura pas.” 
  1. Une phrase factuelle
  2. Une question
  3. Une émotion se plante là
  4. Un ruisseau n’arrange rien à l’affaire
  5. Une négation
  6. Arrive une action déterminante
  7. Fin de chapitre sur un indicateur de lieu

Chapitre 3

Hervé s’approcha de Jocelyne et lui tendit une main décidée tout en posant un autre sur sa bouche en guise d’appel au silence. C’est un accident ?, demanda-t-il souriant d’un air juvénile. Jocelyne, bouleversée par cette perche lancée au dessus du silence, se mit à pleurer comme une enfant secouée par une lourde tristesse. Dehors la pluie avait formé des ruisseaux qui convergeaient vers la machine abandonnée. À aucun moment il ne fut question pour les deux ahuris heureux de voler vers sa dépouille. Tout au bonheur de cet instant inattendu, ils se retrouvaient, s’embrassaient. Une vrai régalade de tourtereaux. Tout ceci se termina bien bourgeoisement dans leur vieille chambre qui n’avais pas eu l’honneur de leurs galipettes depuis quelques calendes.
  1. Quelque part un enfant est
  2. Sa situation implique l’intervention d’un tiers
  3. La situation se retourne
  4. Un mystère apparaît
  5. Une clé explique tout
  6. Intervient une idée folle
  7. L’idée folle illumine cette fin de chapitre

Chapitre 4

Las des disputes maternelles, Damien, s’était réfugié sous l'auvent des voisins en attendant que les orages passent. La tête posée sur le rebord de la vieille chambre, Damien riait devant le déchaînement harmonieux du vieux couple quand sa mère lui tomba dessus furieuse. Jocelyne et Hervé s’arrêtèrent, les têtes dressées pendant que Damien détournait l’attention en rampant vers la débroussailleuse. Sa mère de plus en plus houleuse s’écria devant la débroussaileuse : “C’est toi qui a fait ça ?”. Damien se tut prudent. Il savait qu’il ne fallait jamais lui répondre quand elle grondait comme l’océan déchaîné. En guise de paix, il lui tendit une clé de 12 retrouvée au fond de son blouson. “Avec ça, je peux tout réparer”, annonça-t-il triomphant. “Fanfaron”, répliqua la matrone légèrement adoucie. L’enfant sans attendre pris des allures de Merlin et se mit à tournouiller autour de la débroussailleuse en poussant des cris de Sioux tout en accomplissant des gestes de chaman.
  1. Un instrument ou un outil ouvre ce chapitre
  2. Un-e passant-e entre dans le récit
  3. L’instrument-outil est utilisé de façon maladroite mais qui s’avère utile au passant
  4. Le passant quitte la scène 
  5. Qu’arrive-t-il à l’instrument ?
  6. L’instrument-outil reçoit une aide inattendue
  7. Concluez le chapitre par une morale

Chapitre 5

La clé de 12, véritable baguette magique envoyait mille étincelles vers le ciel. La vieille cascasse s’offrait en feu d’artifice. Occupé par son opération miracle, Damien ne vit pas s’approcher Charles, son beau-père, le grand chef de la fanfare municipale. Amusé par l’étrange danse du petit, Charles s’empara de la clé de 12 et entra en transe en martelant l’engin comme s’il s’agissait d’un tambour. Soudain repris par l’appel de ses trombones, Charles s’en fut aussi vite qu’il était apparu. La clé de 12 gisait maintenant sur le trilame en bas de tige, coincé entre le système de rotation et la base de la lame. Quand Jocelyne et Hervé sortirent pour retrouver leurs voisins, ils allèrent directement soulever la débroussailleuse pour la tendre à Damien : “Beau travail, à toi l’honneur, démarre-la”. Damien tout aussi convaincu, appuya sur le bouton et la belle après deux trois hésitations se mit à tourner comme une folle.
Comme quoi 3 fous peuvent ranimer bien des choses épuisées. Et que les débroussailleuses, faut taper dessus pour s’attendrir.
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