4.4.12

Itinéraire bis 1

Atelier du 3 avril 2012
Itinéraire bis 


Promeneur

Je me souviens de ce couple qui courait l’un vers l’autre sur les trottoirs parisien lavés par la pluie. Ils couraient vers le cinéma de la place de l’Odéon. Ils étaient en retard. Il la vit la premier, son écharpe verte volait derrière elle.
Je me souviens de ce moment de confusion où ils se mirent à courir dans tous les sens. Ils avaient loupé leur séance et s’agitaient sur le pavé luisant jusqu’à danser dans une flaque citadine.
Je me souviens de leur départ vers ce grand voyage au sommet du monde. Là, où ils devinrent oiseaux.
Je me souviens de leur envol et de leur chute vertigineuse vers l’océan. Ils plongèrent ensemble en eaux profondes.
Je me souviens du Léviathan.
Je me souviens des dauphins.
Pourquoi sont-ils devenus sculpteurs ? Je ne me souviens pas. Mais c’est comme ça que ça s’est terminé : le marchand de pierre leur a vendu un beau morceau de marbre.

Territoire

Je me souviens de ce toc-toc sourd qui peinait à passer l’épaisseur du vieux bois.
Je me souviens vaguement d’une salle de bal où des danseurs de tango glissaient sur le parquet, le regard si loin à l’intérieur qu’il traversait les murs pour aller se perdre sur les quais de la Boca.
Puis je ne me souviens plus. Je vais donc inventer à moins que l’autre histoire si claire, si débridée ne réapparaisse.
Je me souviens juste du moment où je me me suis réveillée en femme-tronc sciée par un magicien quelque peu Mandrake.
Je me souviens j’étais vraiment un arbre et le bûcheron allait y laisser sa lame, j’étais indestructible.
Je me souviens à peine de l’Afrique, de ses tambours, de sa terre ocre et des murs vermillon. Il y avait du monde au village, ce jour-là. Je dansais sur la terre sèche et m’envolais dans des nuages de poussière.

Itinéraire bis

J’ai 20 centimes en poche et toute l’après-midi pour moi. 
Je suis libre, les rues sont à moi, les marronniers ont sorti leur hampes roses. 
Je m’arrête un moment devant la fontaine

Où jaillit l’eau claire
Les enfants jettent un caillou
Ça fait un flip-flop

Quand je serais grand, je serais tout sauf poète, j’en informe immédiatement mes artères. L’entrée du jardin est barrée par un drôle de bonhomme à tête d’œuf. Il trotte vers moi :” Viens vite petit, viens jouer, tu gagneras peut-être le ruban bleu ?” “Mouais, comment qu’on joue ?” “C’est un jeu en 7 étapes qui t’amènes sur la voie du guerrier” “Bof, j’y gagne quoi, tu dis ?” “Le plaisir”. J’hésite.

Quand la surprise vient
L’enfant n’est pas étonné
L’attente est si douce

Je me fous e son jeu, encore un grand qui veut me faire entrer dans son plan. Non, ce que je veux est là à dix mètres : c’est carré, peint en vert et sur le comptoir trône mille bocaux aux bonbons multicolores. Fondre sur une boule de coco et 10 lettres de l’alphabet en gélatine, le bonheur est si prêt.

Catherine
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