14.3.13

Luxembourg


Les deux flux en écriture

- le premier regroupe la philo, le récit (roman, nouvelle, conte…), type narratif, discursif (tient du discours). Il ne peut pas y avoir une phrase qui n’ait aucun rapport avec la précédente.
Il y a cohérence, continuité, transition.

- le deuxième flux regroupe l’écriture discontinue, dite souvent poétique. Il n’y a pas de continuité, on passe du coq à l’âne. En fait on laisse se produire d’autre type de liaison. Exemple Cézanne qui affirmait que la forme vient de la couleur. La forme vient de la juxtaposition des touches. Il peut y avoir récit sans narration.


Luxembourg

Au Luxembourg, ils ont sortis les orangers. Je ne veux plus être une biche, je veux chasser. 368 drapeaux rouges, maman me dit que c’est beaucoup. Je m’ennuie alors je m’invente des histoires où je suis reine. Marguerite m’impressionne, elle est dure et méchante mais sa robe est belle. Les poissons rouges. Le plus excitant, c’est explorer le sol sous les chaises vertes, les messieurs avec leurs poches en biais laissent tomber des sous alors je les ramasse et cours m’acheter des bonbons. Le temps des rendez-vous, est-il déjà là ? Près de la fontaine. Passer derrière les cupidons sans se faire voir des gardiens. Une fois je suis tombée dans le grand bassin. Annoncer sa mort à Emmanuelle, tango. Jamais je n’ai de bateaux à pousser, c’est pour les riches. Un tour en âne ? La province est à Paris. Le tennis du Sénat, un balle, pas cher, passe-droit, chic, jouer, oui. Pari, se laisser enfermer une nuit et trouver une entrée aux catacombes. En amoureux, c’est mieux. Ne pas oser cueillir une fleur mais arracher dans un grand cri le panneau pelouse interdite. Ils arrivent par milliers. Au printemps, il y a de la musique dans les kiosques, des fanfares, du jazz, des orchestres symphoniques. Faire pipi derrière les massifs. Vite, vite, faire des bombes à eau, c’est rigolo. Je tombe, les lanières de mes patins à roulettes sont trop longs. L’odeur des citronniers est celle que je préfère. Orangeraie, parfois un joueur d’échec veut m’apprendre les règles. Pas pour moi, me disais-je, pourquoi ? Je ne veux pas retrouver les rues sans arbre, les voitures, les marches à monter. Attraper un pigeon, impossible, j’ai tout essayé même le lance-pierres, chut. 17 ans et me prendre pour Simone en lisant le deuxième sexe. Adolescence, absolu. Le monde, le Monde,je me souviens du cri du marchand de journaux, je l’entends, là, maintenant, « le Monde », « le Monde », je l’entends, j’ai une jupe verte, des souliers bleus. Les marrons, ça fait mal. Les garçons sont cons. 



Et merci à Gérard De Nerval qui fait Écho en ce matin radieux.

Une allée au Luxembourg (1853)


Elle a passé, la jeune fille

Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.


C'est peut-être la seule au monde

Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D'un seul regard l'éclaircirait !


Mais non, - ma jeunesse est finie ... 

Adieu, doux rayon qui m'as lui, -
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui !



"She passed me, the young lady,
Lively and swift as a swallow,
In her hand a shining lily,
From her mouth a new song follows

She's perhaps the only one in the land
Whose heart to mine would react,
Who, taking my doleful hand,
With but a look would me impact!

But no, my youth is felled
Farewell, sweet sunray that shined upon me
Perfume, harmony, young mademoiselle.
Happiness has passed, - it will flee!"
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