3.10.14

Purge



Azucena, purge... Ça urge
Azucena, je me souviens de toi sur le chemin de Compostelle
Madrilène au sourire étincelle
Azucena, fleur de lys,
Signe infamant des putains du roi envoyées aux Amériques pour peupler le nouveau continent
Azucena, petit bocal de verre, héritage de mamie-mamie, cicatrisant
Azucena, poison pour chat
Azucena, je vais me purger

Azucena me voilà
Fleur de lys
Fleur de la marque des expédiées
Vomir l'ancien pour accueillir le nouveau
Vomir lâcheté et mensonge
Vomir
Pour accompagner mon présent
Renouveau et nouveau
Temps passé, je me vide

Azucena mon amour,
je flotte entre relaxation et lourdeur
Fatigue et bien-être
Je t'ai avalée d'un trait, tu n'avais pas trop de goût...

Il m'a tendu le seau, accompagnée jusqu'à la rivière
Acomodate
J'ai choisi une pierre ovale, à l'ombre
Les pieds dans l'eau bouillonnante
J'ai attendu
Un aigle a volé en remontant le cours de la rivière

J'attends et remonte le temps
Les souvenirs se teintent d'oubli
Passé et avenir ont peu d'importance
décrocher
à l'abri des tempêtes
Pourquoi se souvenir

La nausée s'installe
Les papillons volent deux par deux
Le printemps agite leur désir
Premier tremblement
Premier vomissement
J'observe en entomologiste
liquide et clair

Le soleil tape mon dos
Changer de pierre
Je traverse et change de rive
La pierre est humide, le courant plus fort
Mes pensées s'énervent
Et hop, un petit coup dans le seau

Maudit soleil, il me poursuit
Changer de pierre plus haut
Traverser un trou sombre
Garder l'abri derrière une pierre mastodonte
Avant que l'astre n'arrive là
J'ai le temps de remplir mon seau

Rien ne vient, la nausée est présente
Sans être pressante
Je contemple, oiseaux et bambous géants
En face, de quoi s'allonger
J'ai sommeil d'un coup
Envie de rien
Tête vide
Retraverser
Nettoyer le grand rocher et m'allonger
Oui là, face au ciel et aux feuilles en cœur
Contempler, c'est tout
Je suis bien

Il revient avec un verre d'eau tiède
Il annonce encore un ratito
Je repars en contemplation
Deux heures les pieds dans l'eau
Et là relaxation et joie font les belles

Azucena
Lettre latine
Lilium candinium ou peregrinum
Candide et pèlerine
Tu me vas bien
Tu viens de Grèce et du Liban,
belle fleur de lys,
tu voyages de par le monde entier,
aucun sol ne te rebute,
aucun climat ne t'incommode,
tu es vraiment de bonne composition.

Les beaux parterres te chérissent,
Les mariées t'envoient en l'air
Signe d'amour aux célibataires pleine d'espérance
Tu ornes les capes des rois
Tu es partout et tu soignes
brûlures et furoncles, eczémas et ulcère...
Tes feuilles sur un front calment les maux de tête
Tu es parfaite

Toi mainte fois imaginée tatouée sur mon bras gauche,
vêtue comme une cocotte du XVIIème siècle,
image lointaine de mes fantasmagories intimes...
Tu inaugures ma liste des plantes,
en tête de liste je te salue.
Enregistrer un commentaire